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Supplément au N° de la Lettre aux Syndicats FO Santé
JUIN 2010 - SPECIAL PSYCHIATRIE -
La Lettre aux Syndicats FO santé - Directeur
de la Publication : Didier ROSEZ -
Impression et diffusion : Sarl d’édition de la
Tribune Santé - 153-155, rue de Rome -
75017 PARIS
Tél. : 01.44.01.06.00
N° de Commission Paritaire :
0910 S 07484
ISSN N° 1774 - 1874
La Psychiatrie est toujours
éditorial
d’actualité
C
e numéro spécial de la lettre aux syndicats consacre une large place à notre Commission
Nationale qui s’est réunie le 27 avril dernier. Les délégués représentants les différentes
régions fédérales ont pu débattre de la situation générale à laquelle sont
confrontés tous les établissements hospitaliers, comme les établissements spécialisés
(difficultés budgétaires, plans de retour à l’équilibre, problèmes d’effectifs et de conditions de
travail, etc).
Ils se sont aussi largement exprimés sur le contenu du projet de loi visant à « réformer » la loi
de juin 1990 portant sur les hospitalisations sans consentement. Ce projet, qui doit être débattu
au parlement d’ici la fin de l’année, continue de soulever dans la profession de nombreuses
oppositions.
Un train peut en cacher un autre !
Pour FO, il est important de clarifier le dossier et bien prendre garde que derrière ce projet de
révision de la loi de 90, ne se cache aussi la volonté de revoir l’organisation territoriale de la
prise en charge de psychiatrie qui, depuis 1960, repose sur la sectorisation.
Déjà des voix se manifestent pour demander la mise en place de Groupement de Coopération
Sanitaire (GCS). Le ministère s’apprête à lancer des expérimentations en la matière. Ces GCS
marqueraient la fin du secteur tel qu’il est aujourd’hui, voire la remise en cause de son rattachement
aux hôpitaux publics et leurs CMP.
Nous savons trop bien que les modifications des missions de service public préconisées par la
loi HPST du 21 juillet 2009 ne seront pas sans conséquences sur la qualité de la prise en
charge des patients et sur les conditions de travail des personnels hospitaliers.
D’ores et déjà, les objectifs du gouvernement, pour rentrer dans les clous imposés au nom des
« équilibres budgétaires européens », visent à diminuer les dépenses publiques, dans lesquelles,
du reste, figurent les dépenses hospitalières et au premier chef l’ONDAM (l’objectif
nationale des dépenses d’assurances maladie). ONDAM qui sera réduit dés cette année de
600 millions d’euros.
On peut imaginer, sans trop se tromper, que l’assurance maladie et par conséquent les hôpitaux,
feront partie d’une nouvelle offensive après celle de la contre-réforme des retraites.
Mais rien n’est réglé.
Les prochaines semaines seront l’occasion de montrer la détermination des personnels avec
notre organisation syndicale pour la défense de la psychiatrie publique, ainsi que des conditions
de travail et d’exercice.
Le Secrétariat Fédéral
Sommaire
Edito
Déclaration de la Commission
Nationale de Psychiatrie du
27 avril 2010 (p 2, 3 et 4))
Réforme de la loi de 1990 (p 5
à 6)
Bilan du « Tutorat » (p 7)
Rapport d’activité annuel (p 8)
Communiqué du CHS Le
Vinatier (p 10))
Encadrement des délais d’examen
de demandes de sortie de
HO et de HDT (p 11)
Décret sur le fonctionnement
des UHSA (p 12)
Commission nationale des Psychologues
(p 13 et 15)
Rapport du Sénat sur la responsabilité
pénale des personnes
atteintes de troubles mentaux
(p 16 et 18)
Derni7re minute :
Un décret précise le placement
en hospitalisation d’office après
déclaration d’irresponsabilité
pénale (p 19)
Juin 2010 page 2
DECLARATION DE LA COMMISSION NATIONALE DE PSYCHIATRIE
DU 27 AVRIL 2010
L
a commission nationale de psychiatrie FO, s’est réunie à
Paris le 27 avril 2010. Elle a procédé à un tour d'horizon
des problèmes auxquels sont confrontés les établissements et
les personnels du secteur psychiatrique.
D’emblée, la commission tient à se féliciter de l’implantation
syndicale dans les établissements de psychiatrie qui concourt
à la défense des intérêts des personnels tout en participant
largement à la défense de la psychiatrie publique et de son
organisation sectorielle qui a fait ses preuves depuis les années
70.
Les hôpitaux publics, la psychiatrie, sont au c
oe
ur de plusieurs
contre-réformes qui remettent en cause la place du service
public, entre autres la loi HPST qui banalise les missions de
service public ou encore la réforme de la tarification. Cette
dernière en psychiatrie, prend la forme de la Valorisation de
l'Activité en Psychiatrie (VAP).
Ces dispositifs de « réformes structurelles » s’inscrivent dans
le cadre du respect du pacte de stabilité, et dans l’enveloppe
fermée, avec comme ligne de mire le retour à l’équilibre imposé
aux hôpitaux d’ici 2012.
De nombreux établissements sont confrontés à des difficultés
budgétaires qui affectent directement leur fonctionnement,
avec des répercussions immédiates sur le niveau des effectifs
et donc la capacité du service public à répondre aux besoins
de la population.
La réduction de l’offre de soins
Sous les effets des Schémas régionaux de l’organisation sanitaire
(SROS), la réduction de l'offre de soins en psychiatrie
s'est traduite d'après les chiffres officiels par la fermeture de
plus de 125 000 lits en trente ans. Il n’est plus possible, aujourd’hui,
de répondre aux missions de santé qui relèvent des
hôpitaux. Cette situation confine de plus en plus souvent à
l’abandon des patients.
Dans bien des cas, faute de places ou de lits d’accueil, des
malades ne sont pas admis ou bien des patients doivent sortir
prématurément. Les délais d’attente sont de plusieurs mois
pour obtenir une consultation en Centre Médico-Psychologique
(CMP). Combien de malades sont aujourd’hui dans les rues ou
en prison, SDF ou détenus ?
La situation de la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent est
dans le même état d’abandon : dans certains départements
elle ne dispose d’aucun lit et les alternatives à l’hospitalisation
sont gravement insuffisantes. FO refuse l’abandon des patients.
Les conséquences
Alors que la demande a explosé du fait de la précarisation des
conditions de vie et de travail, conséquence de la dégradation
de la situation économique et sociale, les suppressions de lits
se poursuivent malgré le renforcement de l’hospitalisation complète
et la confirmation d’un moratoire sur la fermeture des lits,
annoncés par le ministre DOUSTE BLAZY, après le double
meurtre de Pau en décembre 2004.
Les phénomènes d’exclusion augmentent. Des pathologies
qualifiées de « sociales » se développent et les phénomènes
de violence sont de plus en plus prégnants.
Quel avenir pour la sectorisation et de la place
de l’hôpital public ?
La sectorisation, qui a permis la création de structures de soins
adaptées aux besoins des patients en amont ou en complément
de l’hospitalisation, semble être remise en question, au
travers les conclusions de la mission Couty, et par l’expérimentation
de Groupement de Coopération Sanitaire (GCS) de psychiatrie.
FO réaffirme ses plus vives inquiétudes quant à la modification
de
« l'organisation territoriale »
de la psychiatrie actuellement
préconisée. Elles visent à remettre en cause la place centrale
qu’occupe l’hôpital public dans l’organisation historique de la
sectorisation.
FO poursuivra son action pour préserver l’acquis que représente
la sectorisation et défendra le statut juridique des établissements
et de leurs personnels, et éviter toute privatisation
rampante.
La prison substitut à l’hôpital
La prévalence des troubles mentaux des personnes
détenues
oscille entre 20 et 40% selon les enquêtes. Ainsi, plus
de 12 000 détenus présentent une symptomatologie psychiatrique
sévère dont 4 000 schizophrènes. Il n’est pas acceptable
que la prison se substitue à l’hôpital. L’incarcération grandissante
des malades mentaux est la conséquence de la tendance
à la pénalisation de la maladie mentale.
Depuis la modification de l’article 64 du code pénal, le nombre
de non lieux prononcés pour irresponsabilité pénale est dérisoire.
Il devient ordinaire de reconnaître un sujet malade mental
responsable de ses actes, donc punissable.
Un récent rapport sénatorial confirme que cette évolution a
partie liée avec la fermeture d’un très grand nombre de lits en
psychiatrie.
Les établissements sont confrontés à l’augmentation des malades
venant de prison et qui présentent un réel caractère de
dangerosité. Les soins dispensés en prison par les Services
Médicaux-Psychologiques Régionaux (SMPR) sont notoirement
insuffisants. Les hospitalisations d’office au titre de l’article
D.398 augmentent et les secteurs ont de plus en plus de
mal à assurer correctement la prise en charge de ces détenus
dans des conditions de soins sécurisées. Quant aux Unités
pour Malades Difficiles (UMD), leurs capacités d’accueil sont
constamment saturées.
Bien que la création d’Unité d’Hospitalisation Spécialement
Aménagée (UHSA) soit programmée, ces « hôpitaux prisons »
ne pourront répondre aux besoins. En outre, cette extension du
domaine pénitentiaire au sein de l’hôpital ne doit pas être l’occasion
de faire l’économie d’un questionnement sur le parcours
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judiciaire des personnes atteintes de troubles mentaux et notamment
sur la nature de leur responsabilité pénale comme sur
la pertinence d’une condamnation à une peine d’emprisonnement.
Soins sans consentement : réforme de la loi du
27 juin 1990
Le projet de loi modifie en profondeur les règles des placements
en hôpital psychiatrique. Il n’est plus question d’hospitalisation
à la demande d’un tiers (HDT) ou d’hospitalisation d’office
(HO), aujourd’hui en vigueur, mais d’ «
obligation de soins
en psychiatrie ».
Le projet de loi substitue ainsi à la notion
d’hospitalisation sous contrainte celle des soins sans consentement.
Ce nouveau cadre législatif dispose que les soins sans
consentement peuvent l’être en ambulatoire. S’agit-il de mieux
prendre en charge les patients qui nécessitent d’être suivi régulièrement
pour leur traitement ? Auquel cas pourquoi supprimer
la possibilité déjà difficile à mettre en
oe
uvre, comme l’actualité
récente le démontre amplement, d’hospitaliser un patient
sans son consentement ?
Dans le cas de soins sans consentement en ambulatoire, quels
moyens humains seront mis à disposition des équipes de l’extra-
hospitalier dans un contexte de recherche d’économies
budgétaires ?
L’objectif est-il vraiment d’améliorer la prise en charge des
patients nécessitant un suivi et un traitement régulier ? Il ne
nous semble pas que la suppression des modes actuels d’hospitalisations
sous contraintes y réponde. C’est la question des
moyens qui se pose.
La pénurie de lits conduit à des dérives. Ainsi, pour hospitaliser
un patient l’hospitalisation sans consentement, d’office ou à la
demande d’un tiers, demeure parfois le seul recours. Tous les
drames récents le démontrent amplement.
Des familles appellent au secours l’hôpital pour que leur proche
bénéficie d’une prise en charge psychiatrique. En l’absence
de traitement et faute de prise ne charge, certains patients
passent à l’acte.
Quant à la prise en charge actuelle des personnes détenues
placées en HO en application de l'article D 398 du code de
procédure pénale (1 900 mesures en moyenne par an) elle
apparaît comme insatisfaisante. Entre 1994 et 2001, leur nombre
a été multiplié par 13.
Dans l’attente de la réalisation complète du programme des
UHSA (unités d‘hospitalisation spécialement aménagées) décrit
plus haut, pour accueillir dans les meilleurs conditions, ces
détenus, FO réclame, à côté du dispositif ambulatoire et des
services ouverts, des unités sécurisées et adaptées, bénéficiant
d’une architecture adaptée et d’un fort encadrement infirmier
et médical,
FO rappelle l’urgence à publier la circulaire pour permettre de
régler correctement la question des transports, dans le cas
d’hospitalisation sans consentement et de transport de détenus
D 398.
Pour toutes ces raisons, FO exprime de vives réserves sur les
conditions qui prévalent à la révision de la loi de 90.
Conditions de travail, d’exercice professionnel,
formation
Les restrictions budgétaires impactent directement les effectifs,
leur répartition, les qualifications. Le contexte de gestion de la
pénurie dont les patients font les frais a pour corollaire une
aggravation des conditions de travail et d’exercice des professionnels
de la psychiatrie. Pourtant le « plateau technique » en
psychiatrie, c’est le personnel. Les thérapeutiques, les structures,
les conditions de soins, d’hospitalisation ne peuvent s’appréhender
sans les équipes adéquates.
L’augmentation du nombre de postes vacants d’infirmier et
l’accélération du « turn over » de personnels ne souhaitant pas
continuer à travailler dans des conditions à ce point dégradées
constituent des signaux extrêmement préoccupants pour l’avenir
proche.
Par ailleurs, la formation des nouveaux professionnels doit
impérativement intégrer la psychiatrie et la santé mentale, afin
d’économiser la formation obligatoire d’adaptation à l’emploi
pour les nouveaux diplômés devant exercer en psychiatrie.
Quant au tutorat qui, bien souvent n’a pu se mettre en place
dans de bonnes conditions faute de moyens adéquats pour sa
mise en
oe
uvre, il ne peut se suffire à lui-même sans le renforcement
des équipes.
Enfin, les quotas d’admission dans les instituts de formations
restent très en deçà des besoins.
La formation du corps des infirmiers exerçant en psychiatrie
n’est pas la seule problématique : les conséquences du numerus
clausus appliqué aux études de psychiatrie mis en place en
1984 se font sentir, d’autant que seule la moitié des psychiatres
travaille dans le secteur public. Au nombre de 14 000 actuellement,
en 2020 les psychiatres ne seront plus que 7 500
sur l’ensemble du territoire, public et privé confondus.
Leurs conséquences
Les risques d’agressions constituent le lot quotidien des
personnels qui exercent en psychiatrie. Les « incidents » mortels
qui sont intervenus, ces derniers temps, le prouvent.
Les violences quotidiennes auxquelles sont confrontés les personnels,
issues qu’elles soient d’ « incivilités » ou de la maladie
mentale, ne doivent pas être minimisées.
La violence est réelle et les conséquences sur les personnels
aussi. Pourtant l’observatoire national des violences hospitalières
constate que si le signalement des violences progresse
régulièrement, paradoxalement plus les faits sont graves,
moindre est le taux de judiciarisation.
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Commission Nationale de Psychiatrie
Paris le 27 avril 2010
FO réaffirme ses revendications
La Commission Nationale de Psychiatrie tient à rappeler
les principales revendications de Force Ouvrière
:
► La défense de la psychiatrie publique passe par le
maintien des établissements publics et des secteurs,
par l’ouverture des lits et places nécessaires et par l’attribution
des moyens budgétaires conformes aux besoins,
ainsi que le maintien des services techniques et
ouvriers.
► Il faut mettre un terme aux fermetures de lits et
à la
baisse des effectifs qui ont notamment pour effet des
sorties prématurées et abusives.
► Il faut réer rapidement les structures de soins dotées
de lits et places en nombre suffisants ; cela vaut particulièrement
pour les unités pour malades difficiles (UMD),
les unités d’hospitalisation spécialement aménagées
(UHSA) et les alternatives que représentent les unités
pour malades agités et perturbateurs (UMAP) et les unités
de soins intensifs en psychiatrie (USIP).
► L’augmentation des effectifs qualifiés et en nombre
est une exigence, ainsi que de disposer des équipes
pluridisciplinaires adéquates contribuant à l’amélioration
des conditions de travail, d’exercice professionnel et de
soins décentes, sécurisées,
► Reconnaître financi
èrement les contraintes imposées
aux personnels s’impose
► Augmenter le nombre de places dans les IFSI et ga
rantir
que la formation débouchant sur le diplôme d’infirmier
prenne en compte la spécificité de la psychiatrie.
Le rétablissement de ces conditions est nécessaire
pour répondre aux besoins de la population, en respectant
le principe de l’égalité d’accès aux soins de
la population.
Dans le cadre des prochaines rencontres avec le ministère sur
sujet de la réforme de la loi de 90, Force Ouvrière lui fera part
de ses revendications sur la psychiatrie et de sa détermination
à faire prendre en compte les préoccupations des personnels
hospitaliers.
La Commission nationale appelle les personnels hospitaliers à
se regrouper dans les syndicats FO pour se faire entendre, et
agir pour préserver la psychiatrie publique et les droits des
personnels.
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PSYCHIATRIE
REFORME DE LA LOI DE 1990
L
e projet de loi sur les soins sans consentement en psychiatrie,
visant à réformer la loi du 27 juin 1990 a été présenté
le mercredi 5 mai 2010 en conseil des ministres. Le jour
même le texte était inscrit à l’Assemblée nationale.
Par rapport à l'avant-projet soumis à concertation en avril, le
projet de loi a subi plusieurs modifications de rédaction, notamment
sur les soins ambulatoires.
Le projet, qui comprend 14 articles, introduit une période d'observation
de 72 heures pour l'orientation des personnes et crée
la possibilité de soins sans consentement en ambulatoire.
Les appellations actuelles d'hospitalisations à la demande d'un
tiers (HDT) et d'hospitalisation d'office (HO) son amenées à
disparaître. Les
HDT se transforment en
« soins sans
consentement sur demande d'un tiers »
et les HO
en
« soins sans consentement sur décision du représentant
de l'Etat »
Quant aux soins sans consentement demandés après déclaration
d'irresponsabilité pénale de la personne (actuellement
désignée par référence à l'article du code pénal 122-1 ou l'article
L.3213-7 du code de la santé publique) ils seront appelés
« soins sans consentement sur décision de justice ».
Ce nouveau dispositif devrait entrer en vigueur six mois après
la promulgation de la loi. Le Parlement devrait discuter de ce
texte à l'automne 2010.
ENTREE DANS LE DISPOSITIF AVEC UNE PERIODE
D’OBSERVATION DE 72 HEURES
Les soins sans consentement à la demande d'un tiers seront
demandés par un membre de la famille du malade ou par une
personne justifiant de l'existence de relations avec le malade
antérieures à la demande de soins et lui donnant qualité pour
agir dans l'intérêt de celui-ci, avec à l'appui un certificat médical
circonstancié. L'obligation actuelle de deux certificats médicaux
(contre un seul en urgence) sera supprimée.
Le projet de loi prévoit le cas d'une demande en situation de
péril imminent pour la santé de la personne mais sans qu'aucun
tiers ne soit présent pour formuler la demande.
Les soins sans consentement sur décision du représentant de
l'Etat seront décidés par le préfet au vu d'un certificat médical
circonstancié, établi par un médecin (sans lien avec l’établissement).
Ils concerneraient, comme actuellement, les personnes
pouvant compromettre la sûreté des personnes ou porter atteinte
de façon grave à l'ordre public.
Une fois la personne arrivée à l'hôpital, les soins commenceront
par une période d'observation et de prise en charge d’une
durée maximale de 72 heures. Le médecin hospitalier traitant
le patient, devra au terme de cette période statuer sur la nécessité
de poursuivre les soins et arrêtera si besoin, les modalités
de prise en charge.
Cette période de 72 heures sera ponctuée par 2 certificats
émanent du médecin hospitalier traitant le patient :
à J + 24 heures pour confirmer l’hospitalisation
à J + 72 heures pour définir, si besoin, le mode de prise en
charge.
Les soins psychiatriques sans consentement à la demande
d’un tiers pourront être déclinés selon deux modalités :
une hospitalisation complète qui pourra à tout moment être
transformée par le médecin hospitalier traitant le patient en
soins ambulatoires sous contrainte soit en sortie définitive.
une prise en charge directe basée sur des soins ambulatoires
sans consentement.
Un protocole de soins devra être établi pour ces soins ambulatoires.
Il définira le ou les types de soins, les lieux de leur réalisation
et la périodicité des soins. Un décret en conseil d'Etat
fixera le contenu du protocole. Cette modalité de soins remplacera
le dispositif actuel de sortie d'essai.
Contrairement à la version précédente, le projet de loi ne comprend
pas de dispositions sur les mesures à prendre dans le
cas où un patient en soins sans consentement en ambulatoire
ne se présente pas à un rendez-vous, comme dans l'avantprojet.
Il est simplement écrit que le psychiatre peut demander
une hospitalisation lorsqu'il constate que la prise en charge
ambulatoire ne permet plus, notamment du fait du comportement
de la personne, de dispenser les soins nécessaires à son
état.
Le juge de la détention et des libertés (JLD) pourra être saisi
pour toute demande de levée de mesure de soins sans
consentement.
Un nouveau certificat sera obligatoire après 15 jours puis chaque
mois ensuite. Au delà d'un an de soins continus, une évaluation
approfondie aurait lieu par un collège pluridisciplinaire.
Le psychiatre pourra proposer à tout moment de modifier la
forme de la prise en charge et pourra s'opposer à une demande
de levée de la mesure s'il estime que l'arrêt des soins
entraînerait un péril imminent pour la santé du patient.
Un certificat médical à 15 jours puis tous les mois permettra
d'attester que la poursuite des soins est nécessaire ou qu'ils
peuvent être changés ou levés.
MODALITES PARTICULIERES POUR LES SOINS A LA DEMANDE
DU PREFET
Pour les patients arrivés sur demande du préfet, le psychiatre
devra signaler au directeur de l'hôpital, qui répercutera au préfet,
si le patient a déjà fait l'objet d'une hospitalisation en psychiatrie
après déclaration d'irresponsabilité pénale ou a déjà
été hospitalisé en UMD au delà d'une certaine durée.
Le psychiatre établira un protocole de soins et le préfet décidera
la forme de prise en charge en tenant compte de la proposition
du psychiatre et des exigences liées à la sûreté des personnes
et à l'ordre public. Le préfet devra recueillir en plus
l'avis d'un collège pluridisciplinaire si la prise en charge se fait
en ambulatoire.
A tout moment, et notamment quand des soins ambulatoires
seraient proposés ou quand la levée serait demandée, le préfet
aurait la possibilité de demander une expertise médicale,
conduite par un psychiatre extérieur à l'établissement ou un
expert auprès des tribunaux.
Si le psychiatre traitant demande la levée de la mesure, le directeur
de l'hôpital transmettra la demande dans les
24
heures
et le préfet aura trois jours pour répondre (trois jours après le
rendu de l'expertise médicale s'il la demande).
LE PROJET DE LOI SUR LES SOINS SANS CONSENTEMENT
EN PSYCHIATRIE OFFICIALISE
Juin 2010 page 6
SOINS SUR DECISION DE JUSTICE ET POST-UMD
Une procédure plus stricte est prévue pour les personnes en
soins sur décision de justice (comme actuellement pour les HO
122-1) et aux personnes ayant été hospitalisées en UMD au
delà d'un certain délai, fixé par décret en Conseil d'Etat.
Pour la levée de la mesure, deux avis concordants de deux
psychiatres devront établir que les troubles mentaux de la personne
ne compromettent plus la sûreté des personnes et ne
sont pas susceptibles de porter atteinte, de façon grave, à l'ordre
public et un collège pluridisciplinaire devra se prononcer.
La décision de soins sans consentement donnera lieu à une
information spécifique dans les 24 heures:
au procureur de la République et au maire du ressort de
l'hôpital et à ceux du domicile du patient,
à la famille du patient et, éventuellement, la personne
chargée de sa protection juridique.
La même information sera faite pour tout renouvellement de
soins et la levée de soins.
RENFORCEMENT DES DROITS DES PERSONNES
Enfin, le projet de loi a pour objectif de renforcer les droits des
personnes par :
- l'information régulière des patients sur leurs droits, notamment
de recours, et sur leur état de santé
- le recueil de leurs observations sur les décisions les concernant
- le recentrage du rôle des commissions départementales des
hospitalisations psychiatriques (CDHP, devenant CDSP) en
prévoyant l'examen systématique des situations les plus sensibles
(mesure de plus d'un an, procédure en l'absence de
tiers)
- la consécration de la définition du tiers conformément à la
jurisprudence du Conseil d'Etat
- un examen collégial de la situation du patient au delà d'un an
de soins sans consentement sur demande d'un tiers
QUELQUES CHIFFRES
Le projet de loi est accompagné d’une étude d’impact qui comprend
une analyse de la Direction de la recherche, des études,
de l'évaluation et des statistiques (Drees), réalisée en janvier
2010. Ce document retrace le nombre de placements en HO et
en HDT.
Selon les rapports d'activité des commissions départementales
des hospitalisations psychiatriques (CDHP) de 2007, on
comptabilise 72.598 mesures d'hospitalisations sans consentement,
dont 84% de HDT (61.019) et 16% de HO (11.579).
On note une décroissance du nombre de mesures entre 2003
et 2007 (-7%), alors que la hausse avait été forte entre 1998 et
2003 (+22%) (+13% sur l'ensemble de la période).
L’ensemble de ces documents est transmis en annexes.
COMMENTAIRES FO
La commission nationale de psychiatrie réuni, le 27 avril dernier
a largement débattu de ce projet qu’il faut resituer dans un
contexte plus général de remise en cause de la place de l’hospitalisation
publique, qui s’accompagne d’une rigueur budgétaire.
Principales conséquences : des dizaines de milliers de
suppressions de lits (125 000 en 30 ans), des effectifs insuffisants
qui ne permettent pas de faire face à une prise en
charge, tant en intra hospitalier, qu’en extra hospitalier.
Sans compter les effets de la loi HPST qui, entre autres,
« libéralise » les missions de service public qui étaient jusqu’alors
assurées par les hôpitaux publics et les PSPH, c'est-à-dire
les établissements privés à but non lucratif. Ces nouvelles dispositions
vont impacter la prise en charge de la psychiatrie sur
l’ensemble du territoire.
La commission s’est opposée à l’abandon de nombreux patients
qui ne sont exclus de toutes prise en charge. Il en va de
même en ce qui concerne la situation de milliers de personnes
détenus qui devraient relever d’une prise en charge psychiatrique.
Un récent rapport sénatorial vient souligner la proportion inquiétante
de détenus atteints de troubles graves, comme la
schizophrénie. Environ 20 % des détenus souffrent de graves
problèmes mentaux
.
Des troubles si importants qu’une peine
de prison n’a guère de sens pour eux.
Face à l’ampleur de ce phénomène
,
l’offre de soins reste insuffisante,
en détention mais aussi à l’extérieur de la prison
:
le
nombre de lits d’hôpitaux en psychiatrie a fortement baissé
depuis 30 ans.
Le rapport s’inquiète également des conséquences de la distinction
qui est faite depuis 1993 entre abolition du discernement
et altération du discernement. Le deuxième cas de figure
n’empêche pas de déclarer une personne pénalement responsable.
Du coup, les prisons se remplissent d’individus malades.
Pour en revenir au projet de loi,
FO considère qu’il comporte
des mesures d’assouplissement nécessaires pour prendre en
charge les patients en soins à la demande d’un tiers (ex-HDT).
A l’évidence, les soins sans consentement en ambulatoire sur
décisions médicales, nécessiteront un réel suivi et donc les
effectifs ad hoc. Dans l’état actuel des choses, les établissements
ne disposent pas de moyens suffisants pour dispenser
ce nouveau mode de prise en charge.
Ce nouveau dispositif de soins sans consentement en ambulatoire,
ne doit pas constituer un nouvel argument pour justifier
de nouvelles fermetures de lits et places qui font d’ores et déjà
défaut.
En outre, FO note un renforcement des conditions qui devraient
permettre la levée d’un certain nombre de mesures
de
« soins sans consentement sur décision du représentant de
l'Etat
», ex-HO.
De ce point de vue, le ministère a maintenu l’avis du collège de
soignants dans certains cas, alors même que toutes les organisations
y sont opposées.
Le désaccord porte sur la présence d'un cadre de santé dans
ce collège (comprenant aussi deux psychiatres), chargé de
donner des avis sur les soins aux patients ayant été déclarés
irresponsables pénalement et/ou ayant hospitalisés un certain
temps en unité pour malades difficiles (UMD).
Au-delà de ces aspects, il faut noter que le gouvernement
indique que cette loi ne génère pas de dépenses supplémentaires.
C’est ici que le bât blesse. La prise en charge des patients en
soins sans consentement (10 % de l’activité totale en psychiatrie,
nécessite au contraire un renforcement des effectifs, la
création de chambres d’isolement et de services adaptés pour
accueillir dans de bonnes conditions les patients.
Le tutorat en psychiatrie, comme la « consolidation des savoirs
» qui ont été proposés ces trois dernières années ne peuvent
remplacer une formation initiale qui doit obligatoirement
intégrer la psychiatrie et la maladie mentale, ce qui n’est pas
encore le cas.
C’est le mandat que la Fédération a développé régulièrement
lors des rencontres avec le ministère.
e
s
Juin 2010 page 7
PSYCHIATRIE
BILAN DU « TUTORAT » EN PSYCHIATRIE
L
e 3 Mai 2010, la Fédération FO Santé était conviée, par le Ministère de la Santé à une réunion concernant le
tutoratcompagnonnage
et le dispositif de formations complémentaires pour les infirmiers exerçants leurs activités en psychiatrie.
Etait également présents à cette rencontre les syndicats CFE-CGC, l’UNSA, et le SNCH.
Les objectifs et modalités de ce dispositif ont été précisés par une circulaire du 16 Janvier 2006, qui en a constitué le cadre de
référence
Le dispositif vise à améliorer l’accueil des nouveaux infirmiers et leur adaptation à la spécificité de l’exercice en psychiatrie, à
adapter leurs compétences en santé mentale sur la base d’une transmission notamment intergénérationnelle des savoirs et des
pratiques, à renforcer l’attractivité de l’exercice infirmier en psychiatrie, et à fidéliser les professionnels.
Ce programme a fait l’objet d’un soutien financier du fonds de modernisation des établissements de santé publics et privés
(FMESPP) à hauteur de 25 millions d’euros, alloués annuellement, au cours de la période 2005-2008.
Les financements ont été attribués au niveau des régions par les ARH sur la base de projets individualisés, transmis par les établissements
de santé, et respectant les conditions précisées par la circulaire de 2006. Plus de 3 000 jeunes infirmières et infirmiers
ont pu bénéficier de ce dispositif.
Le Ministère de la Santé a proposé d’évaluer ce tutorat. Pour se faire, après un appel d’offre, la société d’audit et de conseil
« Plein Sens » a été retenue.
Pour le ministère, cette étude réalisée par la société Plein Sens vise l’évaluation quantitative du tutorat et d’apprécier l’impact du
dispositif de tutorat compagnonnage sur la qualité des soins, la compétence des professionnels, l’attractivité de la fonction.
L’étude se déroulera dans les 15 établissements de santé autorisés en psychiatrie, ci-dessous.
Le recueil des données s’effectuera selon différents modes : entretien avec les acteurs concernés, lien avec la direction des ressources
humaines,etc..
L’étude comporta un volet quantitatif (nombre d’infirmiers formés et remplacés pendant la formation, nombre de départs d’infirmiers
ayant bénéficié du dispositif) et un volet qualitatif (appréciation des infirmiers bénéficiaires du dispositif, attractivité de la
fonction, fidélisation des infirmiers, évolution du fonctionnement des équipes).
La réalisation de l’étude donnera lieu à une phase exploratoire, une phase d’étude, et la rédaction d’un rapport qui sera remis à
l’automne 2010.
Type Nb Ile de France Nord Pas de Calais Centre Rhône Alpes
CHS 6
1 Maison Blanche
1 Théophile Roussel
1 EPSM Lille Metro 1 Bonneval
1 Fleury les Aubrais
1 CHS St Cyr
PSPH 2
1 Institut Marcel
Rivière
1 CPA Bourg en
bresse
CHG 3
1 Lagny
1 Eaubonne-
Montmorency
1 CH Calais
CHU 2
1 Paul Brousse
APHP
1 Tours
Privé 2
1 Clinique de l’Escrebieux
1 Clinique Lyon
Lumière
TOTAL 15 6 3 3 3
Juin 2010 page 8
COMMENTAIRES FO
La délégation FO, s’appuyant sur les éléments que nos syndicats nous avaient communiqué sur la mise en place du dispositif
tutorat en psychiatrie, ainsi que sur les débats que nous avions eu lors de la commission nationale de psychiatrie du 27 avril
dernier, a profité de la tribune qui nous était offerte pour développer plusieurs points.
► En premier lieu, FO a souhaité que des précisions soient apportées sur l’utilisation des crédits affectés au dispositif de tu
torat
infirmier en croisant les données du fonds de modernisation des établissements de santé (FMESPP) avec les remontées au ministère.
FO a souligné les difficultés de démarrage du dispositif (lenteur de mise en place, difficultés pour trouver des tuteurs, tuteurs
insuffisamment expérimentés, crédits de remplacement pas toujours utilisés,.etc..).
Compte tenu des départs programmés et de la nécessité de recruter, il serait souhaitable de poursuivre le dispositif. FO a donc
demandé que des moyens financiers nécessaires soient dégagés en vu d’aider les établissements psychiatriques en ce sens.
► Dans un second temps, nous avons évoqué le nouveau programme des études d’infirmiers, qui impose un volume d’heures
d’enseignements de la psychiatrie bien en dessous de l’ancien programme. FO a insisté pour que s’engagent des discussions
pour obtenir la garantie d’une formation initiale de base suffisante en psychiatrie.
De ce point de vue, le tutorat ne peut permettre de compenser l’insuffisance de formation en santé mentale du diplôme infirmier.
Pour FO il ne serait pas souhaitable d’attendre septembre et le bilan du tutorat pour débuter cette négociation.
► Nous avons également rappelé au Minist
ère notre souhait qu’une reconnaissance financière soit attribuée aux tuteurs.
Le secrétariat fédéral Le 12 mai 2010
RAPPORT D’ACTIVITE ANNUEL2009
CONTROLEUR GENERAL DES LIEUX DE PRIVATISATION DE LIBERTE
(CGLPL)
L
e rapport d’activité 2009 a été remis au Président de la République, au Président
du Sénat et au Président de l’Assemblée Nationale, dans les premiers jours du
mois de mars 2010. Ce rapport a été rendu public lors d’une conférence de presse qui
a eu lieu le 10 mars 2010.
Il a, en outre, été présenté aux associations intervenant dans les lieux de privation de
liberté le 1
er
avril 2010.
De plus, le Contrôleur général est auditionné au mois de mai par la commission des
lois de l’Assemblée Nationale et du Sénat pour présenter son rapport d’activité.
Tout en approfondissant les constats opérés lors du premier rapport annuel, le
Contrôleur général a développé plus particulièrement trois questions spécifiques :
Que fait-on d’une journée de captivité ? Quel recours à la vidéosurveillance ? Qu’estce
que la sécurité ?
Après dix-huit mois d’activité, ce rapport est aussi l’occasion de faire le point sur les
suites données par les administrations aux rapports et aux recommandations formulées
par le contrôle général.
Ce rapport comprend également :
- Un bilan d’activité très détaillé, traduisant la volonté du Contrôleur général de communiquer en toute transparence sur
ses missions ;
- Deux rapports de visite, publiés
in extenso
, relatifs à un centre de rétention administrative et à une unité hospitalière sécurisée
interrégionale ;
- Une quinzaine de photos reflétant le quotidien de la vie dans les lieux d’enfermement ;
- Une contribution d’un chercheur sur l’évolution du nombre de personnes privées de liberté depuis quinze ans.
(le rapport et les annexes sont consultables sur le site du CGLPL)
Juin 2010 page 9
INAUGURATION DE LA PREMIERE UHSA DE FRANCE
AU CHS LE VINATIER
La première unité hospitalière française spécialement aménagée pour accueillir des détenus atteints de troubles mentaux, a été
inaugurée, le 21 mai 2010, à Lyon, en présence de la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, de la Garde des Sceaux, Michèle
Alliot Marie et de Simone Veil.
Située dans l'enceinte de l'hôpital psychiatrique du Vinatier de Bron, cette structure est destinée à soigner des détenus souffrant
de troubles psychiatriques. Ces prisonniers peuvent être hospitalisés de leur plein gré ou bien être contraints si un avis médical le
préconise.
Cette première unité, baptisée
"Simone Veil"
est équipée de 20 lits. Les huit premiers détenus sont arrivés quelques jours avant
l’inauguration.
L'UHSA de Lyon pourra accueillir à terme 60 détenus dans trois services. Selon la ministre de la Santé, 8 autres structures devraient
ouvrir en France d'ici 2012.
Les 8 premiers patients sont arrivés mardi dernier. Ils souffrent de schizophrénie ou de dépression.
Inauguré en grande pompe, les responsables ministériels n’ont pas réservé un peu de leur temps pour rencontrer les représentants
syndicaux.
Ce qui a fait réagir notre syndicat FO du Vinatier. (Lire page suivante son communiqué, publié à cette occasion).
A
Lyon, des détenus atteints de troubles mentaux peuvent désormais être traités dans une
unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA). La première du genre en France.
Juin 2010 page 10
COMMUNIQUE
DU CHS LE VINATIER
:
CHS LE VINATIER
http://fovinatier.free.fr
L
e syndicat Force Ouvrière du CHS Vinatier ne peut que
s’étonner que Mme le Ministre Roselyne Bachelot n’ait
pas cru bon de recevoir les organisations syndicales de notre
hôpital alors qu’elle inaugurait, derrière un dispositif policier
disproportionné, l’UHSA.
Est-ce là la réalité du «
dialogue social »
qu’elle prône dans
ses discours ? Est-ce là la vérification de la «
nouvelle gouvernance
»,
dans les hôpitaux, attachée à la loi HPST ?
Au moment où de toutes parts nous est rabaché chaque jour le
discours, de la nécessité de faire des économies, le Personnel
hospitalier du CHS Vinatier a pu constaté les efforts de Mme le
Ministre en la matière lors de ces déplacements : Plusieurs
dizaines de bataillons de policiers, gendarmes, CRS, jusque
des hélicoptères survolant notre hôpital, des vigiles privés, un
chapiteau monté pour la réception comme si notre établissement
ne possédait pas suffisamment de locaux, etc…..
La seule chose pour laquelle Mme le Ministre n’a pas été dispendieuse
c’est le temps qu’elle a accordé pour écouter les
représentants des personnels hospitaliers. Mais au fait de quoi
donc Mme le Ministre a-t-elle eu peur ? Qu’est-ce qui la dérangeait
tant dans le fait de nous recevoir ?
Est-ce le fait que nous allions lui rappeler qu’elle est le Ministre
qui a décidé de
retirer la catégorie active aux personnels
infirmiers et paramédicaux,
et qui par conséquent a décidé
d’envoyer les infirmières face aux malades jusqu’à l’âge de 65
ans dans les unités de soins ?
Est-ce le fait que nous allions lui demander de venir nous faire
la démonstration dans nos unités, et notamment au Dapela ou
en géronto-psychiatrie, de comment prendre en charge plusieurs
dizaines de patients chaque jour, y compris les dimanches
et jours fériés, à 6h du matin ou dans la nuit lorsque une
infirmière est souvent seule, quelques fois à deux ?
Est-ce le fait que nous allions lui expliquer qu’il n’ y a rien d’étonnant
lorsque l’on gagne 1200, 1300 ou 1500
€
d’estimer
avoir été grugé lorsqu’on promet une prime à 234
€
pour finalement
l’a créée, après avoir recruté les agents, à 117
€
?
En bafouant les règles de la République, en affichant ostensiblement
son mépris pour les organisations syndicales et pour
les revendications légitimes des Personnels hospitaliers, Mme
Bachelot donne là toute la signification de l’offensive que les
pouvoirs publics mènent contre les personnels hospitaliers,
l’hôpital public, la protection sociale.
Le syndicat FO du CHS Vinatier invite les personnels médicaux
et non-médicaux
à répondre massivement par la Grève
le 15 juin à l’appel de la confédération générale du travail
FORCE OUVRIERE
qui refuse la remise en cause de l’âge
légal de départ à la retraite, l’augmentation de la durée de cotisations,
le rapprochement de l’ensemble des régimes de retraites
qui signifierait inéluctablement la fin de notre régime de
retraite, la CNRACL.
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